Des syndicats autonomes réagissent aux derniers événements
“Oui à la protestation, non à la destruction !”
Les dernières émeutes, qui ont marqué plusieurs régions du pays, n'ont pas laissé indifférentes certaines formations syndicales autonomes de divers secteurs. Le Syndicat national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (Snapest) vient, en effet, de réagir “aux événements tragiques qui ont secoué notre pays”. Réuni dimanche, le bureau national du Snapest dit d'emblée “comprendre la fureur de notre jeunesse mais désapprouve les actes de vandalisme sur nos écoles, lycées et édifices des pauvres”. Pour le syndicat, “la responsabilité entière incombe aux pouvoirs publics amnésiques, arrogants et aveugles devant une révolte dont les signes avant-coureurs existent”. Le Snapest cite le verrouillage des libertés, en général, et syndicales, en particulier, l'absence de dialogue et de concertation sociale, l'inflation galopante et incontrôlée, la hogra… Le syndicat s'incline enfin “devant la mémoire des victimes de la révolte et demande des mesures politiques concrètes outre des mesures sociales longuement revendiquées”. De son côté, le Syndicat national des travailleurs de la formation professionnelle (SNTFP) considère que “les dernières contestations ne sont que la goutte qui a fait déborder le vase et ne s'expliquent pas seulement par la hausse des prix du sucre et de l'huile, comme le soutient le gouvernement. Les problèmes sont très profonds et se résument essentiellement en logement, chômage et fermeture de tous les canaux de dialogue avec les partenaires sociaux de tous les secteurs et monopole des responsabilités à tous les niveaux”. Le SNTFP se dit “pour la protestation pacifique qui préserve la stabilité du pays et la vie des citoyens sans la destruction des édifices publics.” Par ailleurs, l'Union nationale du personnel de l'éducation et de la formation (Unpef) fait le lien entre la montée en flèche des prix des denrées de première nécessité et les dernières augmentations liées au nouveau régime indemnitaire, dont ont bénéficié les travailleurs du secteur. Pour l'Unpef, la hausse des prix a finalement emporté la satisfaction d'avoir perçu les nouvelles indemnités quoi que “insuffisantes”. Le bureau national du syndicat interpelle les autorités “pour l'amélioration du pouvoir d'achat en plafonnant les prix conformément au SNMG pour garantir une vie décente”.