Le square ou le Palais ?


Le gouvernement se trompe lourdement en s'attaquant aux conséquences plutôt qu'aux causes. Qu'est-ce qui bloque l'ouverture d'agences de change agréées, pourtant prévues depuis une dizaine d'années ? Pourquoi le gouvernement n'ose-t-il pas libérer le marché de la devise ?  Nous revoici replongés dans un nouveau cycle de flambée des devises ! Le marché parallèle, ou plutôt la “bourse” du square Port-Saïd, a décidé d'augmenter sensiblement le taux de change, au grand dam de la Banque d'Algérie, qui se voit confinée dans un rôle de spectateur. En fait, les cambistes n'ont pas décidé de leur propre chef d'augmenter le taux de change. Ils n'ont fait, en réalité, que répercuter une décision du gouvernement qui fait que tous les opérateurs privés se ruent vers le marché parallèle pour s'approvisionner en devises. C'est ce que l'on appelle la règle de l'offre et de la demande. Le gouvernement crée la pénurie, pousse les opérateurs privés à aller vers le marché parallèle, en raison du fait que le système bancaire algérien reste à la traîne. Il n'y a qu'à voir nos voisins pour se rendre compte que nous sommes en train d'évoluer à contre-courant et que cette façon de gérer les devises ne profite, en fait, qu'aux trabendistes. Il suffit de voir le nombre d'affaires liées au transfert illégal de devises vers l'étranger pour se rendre compte que le mal est trop profond. Le gouvernement se trompe lourdement en s'attaquant aux conséquences plutôt qu'aux causes. Qu'est-ce qui bloque l'ouverture d'agences de change agréées, pourtant prévues depuis une dizaine d'années ? Pourquoi le gouvernement n'ose-t-il pas libérer le marché de la devise ? L'expérience a démontré que la politique de restriction profitait beaucoup plus aux parasites qu'à l'économie nationale. Lorsque des opérateurs privés, nationaux ou étrangers, se trouvent contraints de recourir au marché parallèle ou à transporter de l'argent par valise, comme de vulgaires trabendistes, c'est que le gouvernement les y a poussés. La nature a horreur du vide, et c'est au gouvernement de donner une alternative viable et crédible aux opérateurs, au lieu de jouer au mauvais gendarme. Que des sommes colossales sortent sous le nez et la barbe du gouvernement, et que les douanes de pays étrangers informent le gouvernement algérien de la gravité du phénomène, cela dénote de la faillite d'un système bancaire qui reste le principal facteur de blocage de la relance économique.


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