Reflet culturel
le code de la famille : une culture de l’infamie


Le code de la famille, érigé en une loi complémentaire concourant à l'imposition d'un projet de société dans les années 1980 , est non seulement dépassé par les évolutions sociales mais constitue en soi un avilissement et une violation des droits et des libertés. Envelopper la famille dans des règles de fonctionnement imposées, c'est parquer et cloîtrer des êtres humains dans un espace qui n'est rien d'autre qu'un creuset où les individus doivent se conformer à un moule. À travers ce moulage, on a tout simplement voulu transformer la famille en une molécule unique manipulée à volonté. Si toute l'attention a été portée sur la famille, c'est parce qu'elle est dépositaire d'un mode de vie qui repose sur une stratification cumulée de valeurs qui fondent une société. Mais ces valeurs ne conviennent pas aux transformateurs qui ne cessent de s'acharner sur la société en usant de la force de la loi. Aucun pays civilisé au monde n'a ghettoïsé ni codifié la famille. Le code de la famille a été conçu surtout et notamment pour régir et contrôler, mais surtout pour freiner les mouvements d'émancipation de la femme. Celle-ci est considérée comme une matière à déterminer. Ainsi, pour les rédacteurs du texte, c'est par le contrôle de la femme qu'on arrive à soumette et conditionner une société. On poussera d'ailleurs le ridicule jusqu'à fixer la mesure métrique que doit avoir un bâton qui autorise l'homme à asséner les coups réglementaires à l'épouse. Réglementer les coups, comme si d'ailleurs on pouvait réglementer le niveau du mal, ne peut avoir d'autre signification que la légalisation de la violence. Même après quelques aménagements apportés au texte, il n'en demeure pas moins que la volonté de canaliser la famille continue d'obéir à des visées sournoises : celles de l'orthodoxie. On se souvient qu'après l'annonce du projet de code, des femmes courageuses ont initié une manifestation à Alger alors que le pays vivait sous une dictature sans pareille. Mais, depuis, les chemins de cette marche ont pris des directions éparses. Celles qui continuent à porter la contestation et le combat contre la culture de l'infamie du texte et des textes concourants et celles qui… mènent vers les temples où se conçoit et se décide, hélas, le sort réservé à la femme et, ce faisant, à la famille. A. A. kocilnour@yahoo.fr


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