Avantages et inconvénients des investissements étrangers
Pas assez de croissance pour drainer les capitaux


Mohamed Gharnaout, expert financier, souligne, sur cette question que “pour une question de logique, il faudrait commencer par tenter de cerner les avantages et inconvénients relatifs aux IDE”. à titre de rappel, il faut savoir que ces types d'investissements se sont notamment développés vers la fin des années 80 après la crise financière mondiale suite aux moratoires sur la dette des pays d'Amérique latine : celles du Brésil, du Mexique et de l'Argentine. Une situation qui les avait conduits à négocier avec les clubs de Paris et de Londres avec pour résultat, la mise en place des programmes d'ajustement structurel en collaboration avec les institutions de Bretton Woods, principalement le FMI. C'est justement pour éviter ce genre de situation que ces pays, ainsi que d'autres, ont recouru aux investissements directs étrangers, dont les échéances, contrairement, aux dettes financières, ne sont pas limitées dans le temps. Dans le cas d'espèce, l'investisseur étranger s'installe durablement dans le pays et assume seul (s'il est propriétaire de la totalité du capital de l'entreprise) ou en association avec un national la gestion et les résultats de l'entreprise (dans le cas d'un partenariat local). Toujours selon l'expert, les avantages et les inconvénients de ce type d'investissements peuvent être illustrés comme suit: - Avantages : en premier lieu une économie énorme de devises sur les investissements et les intérêts en devises qu'on aurait payés si on avait recouru à l'endettement, le transfert de savoir faire et de technologie, l'augmentation de la production et des recettes fiscales et parafiscales après la période d'exemption ainsi que de l'emploi, etc. - Inconvénients : il y a lieu de souligner principalement un plus important transfert, vers le pays d'origine de l'investisseur, de devises résultant des bénéfices et des dividendes que génèrent ces investissements et qui sont largement supérieurs aux coûts de l'endettement. Très peu d'IDE dans l'industrie La politique algérienne en matière d'investissements directs d'après-crise de la deuxième moitié des années 80, qui a fait suite à la double chute des prix de pétrole et du dollar, à laquelle ont succédé les plans d'ajustement structurels des années 90, est duale : il y a eu tout d'abord une ouverture totale, qui n'a épargné aucun secteur économique ou industriel, y compris le secteur pétrolier (loi de 91 de partage de bénéfice). Ces décisions découlaient naturellement des mesures d'ajustement mais étaient également dictées par la nécessité de créer de l'emploi, le chômage ayant atteint des niveaux records suite notamment à la mise en oeuvre du PAS. Cependant, du fait de la situation sécuritaire de l'époque, et mis à part le secteur pétrolier, l'économie nationale n'a pas attiré grand monde chez les investisseurs espérés. Jusqu'en 2008, les investissements directs étrangers se sont principalement installés dans le secteur des services et surtout le commerce, les banques, les télécommunications ainsi que l'immobilier. Très peu d'IDE ont été attirés par l'industrie productive. Toujours d'après M. Gharnaout, “c'est sans doute à la suite d'une analyse de l'impact des investissements directs étrangers sur l'économie, que les autorités se sont peut-être rendu compte que ces IDE, tout compte fait, revenaient beaucoup trop cher au pays. Les importations coûtent plus du tiers du PIB pour des niveaux de croissance réels qui ne dépasseraient pas les 2%. C'est très peu. Avec des niveaux d'importation similaires, les pays asiatiques réalisent plus de 9% de croissance chaque année. C'est là que se trouve le vrai problème. Le niveau de croissance est insuffisant pour intéresser les investisseurs étrangers”. Un jugement sévère corroboré par celui de la BM qui dénonce la détérioration du climat des affaires. Jugement commenté par l'expert qui note que “cette régression s'est matérialisée à partir de 2009 par des restrictions introduites dans les lois de Finances, récemment en matière de capital, ainsi que par le droit de préemption de l'état algérien, en cas de volonté de cession d'une entreprise. Même si ce droit de préemption a de tout temps existé dans les textes algériens, sans être systématiquement appliqué, il n'en représente pas moins une restriction à la liberté de commerce et d'industrie garantie par notre constitution”. Le retour au patriotisme économique un peu partout dans le monde, jusque et y compris chez les thuriféraires du libéralisme, a pu justifier ce repli en Algérie.  Les vraies raisons, selon Mohamed Gharnaout, sont claires “du point de vue des autorités du pays, la raison la plus importante demeure le siphonnage par les partenaires étrangers, des devises tirées d'une ressource limitée représentée par les hydrocarbures. C'est ce qui explique l'introduction des éléments tels que les limites 51/49 du capital en faveur des nationaux, et notamment la balance devise excédentaire pour augmenter les ressources hors hydrocarbures du pays. En clair, le message des pouvoirs publics aux candidats investisseurs étrangers, semble signifier que dorénavant, seuls les investissements étrangers exportateurs seront tolérés. Pour le reste, il faut qu'ils aillent voir ailleurs”.


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