La nouvelle de Adila Katia
La voleuse


RÉSUMÉ : El Hadj Tewfik avait décidé de profiter de l'absence de son fils pour se rendre à l'hôpital, avec l'intention de voir Sihem. Mais il n'aura pas cette occasion tout de suite. Djamel le surprendra avant qu'il n'ait pu le faire. Il verra Sihem en présence de son fils. 13eme partie -Sihem, je te présente Hadj Toutou, dit Djamel, le visage éclairé par la joie. C'est un père hors pair, ajoute-t-il sur le ton de la confidence. - Enchantée, murmure-t-elle, légèrement intimidée par la présence de celui qui sera peut-être son beau-père. Tu aurais dû me prévenir, lui reproche-t-elle. J'aurais eu la bonne idée de ne pas venir. - Mon père n'est pas un monstre, lui affirme le jeune homme. Tu vas l'adorer. Va fermer ton bureau. Tu viens prendre un café avec nous ? - Non, j'ai à faire. Une autre fois, dit-elle embarrassée. Mais Djamel insiste. Elle ne peut qu'accepter. Elle va au bureau et en profite pour donner un coup de peigne à ses cheveux coupés court. Elle fouille dans son sac et se mord les lèvres en ne trouvant pas son rouge à lèvres. Elle l'avait oublié chez elle. - Sihem ! - J'arrive. Le temps de fermer à clef, elle les suit au salon de thé où elle et Djamel ont l'habitude de se rendre. - Alors, Hadj Toutou, qu'est-ce qui te fait froncer les sourcils ? Ses cheveux sont coupés trop court ? Elle est trop pâle ? Qu'est-ce qui te déplaît en elle ? - Rien, lâche le père. Elle est bien comme elle est. Sihem, écarlate, ne peut s'empêcher de lui marcher sur le pied. Djamel grimace un peu tout en souriant. Il ne comprend pas pourquoi elle était gênée. - Tu veux que je reporte l'interrogatoire à plus tard ? demande-t-il. - J'ai du travail, lui rappelle-t-elle en se levant, mais Djamel la retient. - Tu ne partiras pas sans avoir pris ton café ! Assieds-toi et parlons comme des gens civilisés, la prie-t-il. Excuse-moi. Je ne voulais pas te mettre dans la gêne. Mon père, tu le constateras plus tard, à une largesse d'esprit incomparable et un coeur en or. - D'habitude, il est silencieux ? demande-t-elle à voix basse. - Non. Lui aussi est gêné. C'est la première fois qu'il te voit. Il est en train de te passer au scanner. Les résultats, on les aura plus tard. N'est-ce pas El Hadj Toutou ? - Il... commence Sihem. Vous vous appelez réellement Toutou ou est-ce un diminutif ? - Bien sûr que c'en est un, répond le vieil homme. Djamel m'appelle ainsi depuis des années. Parce que je m'accommode facilement aux situations. Le café est servi, accompagné de gâteaux. Seul Djamel en prend. Si Sihem est trop gênée pour pouvoir manger, El Hadj Tewfik est trop déçu pour avaler quoi que ce soit. Il craignait qu'elle n'ait un handicap et même s'il était sûr qu'elle n'en avait pas, il redoutait l'instant où il devra donner “ses résultats” à son fils. Sihem est belle, elle a une taille élancée. Elle pourra faire le bonheur de n'importe quel homme. Pas d'un jeune homme tel Djamel. Elle est trop vieille pour lui. El Hadj Tewfik est plus que déçu du choix de son fils. Il n'aurait pu tomber plus mal. (À suivre) A. K.


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